19.01.2009
Chronique de disque: "That what is not" de P.I.L.
Voici deux chroniques de CD que j'avais réalisées pour un webzine musical. Mais ils n'ont finalement pas accepté ma candidature de chroniqueur. Alors je vous les livre ici.
Public Image Limited : That what is not
À partir de 1984 et l'album "This is what you want...this is what you get", P.I.L. a progressivement délaissé son style post-punk hermétique et influencé par le rock expérimental allemand des 70's, pour se diriger vers la composition de morceaux rock plus accessibles.
Pour le dernier album du groupe, That what is not, paru en 1992, on peut même dire que l'ancien chanteur des Sex pistols a lorgné vers le hard-rock. Il a pour cela repris du line-up des deux albums précédents John Mc Geoch (lead guitarist de groupes New wave comme Magazine, Visage et Siouxsie & The Banshees) et le bassiste Allan Dias. Il l'a completé avec Curt Bisquera (célèbre batteur de studio) et Gregg Arreguin à la guitare rythmique. Le tout produit par Dave Jerden, qui a travaillé entre autres pour Jane's addiction, Alice in chains ou The Offspring. D’ailleurs, le CD promo sorti à l’époque avait pour titre That what is Metal. Je me souviens d'une interview télé de l'époque ou notre "Johnny Rotten" se montrait assez satisfait du travail de Mc Geoch sur son album, vantant son sens du riff efficace. Et c'est vrai que les bons riffs ne manquent pas sur ce disque, comme dans le glacial "Cruel" qui commence tranquillement avec une boîte à rythmes avant que la dévastation n'arrive par surprise avec la guitare de Mc Geoch et la batterie déferlante de Bisquera. Batterie qui est particulièrement bien mise en valeur sur ce CD, comme par exemple dans "Acid drops", morceau épique de plus de 6 minutes dans lequel Lydon s'interroge sur le libre-arbitre et se demande "qui censure les censeurs ? Puis-je le faire moi-même ?". A la fin du morceau, un riff grandiose en overdrive se répète sur fond d'un "no future" directement samplé de "God save the queen" des Pistols. Ainsi la boucle est bouclée pour Lydon, avec cette référence au plus célèbre morceau des Sex Pistols, sur ce qui sera le dernier disque de son deuxième groupe: P.I.L.
Si John Lydon a rendu ses chansons plus accessibles et même employé la section de cuivres Tower of Power et rajouté de l’harmonica sur quelques morceaux, la chose qui ne change pas, c'est sa manière hystérique de chanter (et de hurler). Par moments, on dirait les cris étranglés d'angoisse d'un porc coincé dans sa cage cernée par les flammes ! Et ses textes sont, comme à son habitude, ironiques, provocateurs et polémiques. Outre Acid drops et Cruel, les autres moments forts de l'album sont pour moi : Luck's up, God et Think tank. Si vous n'aimez pas les albums de P.I.L. à cause de la voix de son chanteur, peut-être aimerez-vous quand même celui, grâce à son style résolument rock ?
Avis : 7/10

16:44
Écrit par S.C.
dans Musique |
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